Un peu d’humilité dans l’écologiquement correct

Bientôt 8 mois de grossesse. Depuis quelques semaines, j’ai dû faire de sérieux ajustements dans mon mode de vie pour prendre en compte un risque d’accouchement prématuré et la fatigue énorme qui résulte de cette 3ème grossesse.  Parfois c’est facile, parfois moins. Parfois je le fais avec bonne conscience, parfois beaucoup moins. Mais tous les jours, cela m’amène à me poser des questions très concrètes. Exemples :

– Je ne cuisine presque plus. Cuisiner a toujours été pour moi un vrai plaisir et pas une corvée, mais rester debout pour faire à manger, même 5 ou 10 minutes, m’est non seulement déconseillé mais franchement douloureux. C’est là où je me rends compte que je passe énormément de temps à faire à manger d’habitude. Faire son pain et ses biscuits pour pouvoir consommer bio sans se ruiner, cuisiner uniquement des produits frais locaux, c’est très bien, très bio. Mais comment faire quand on a très peu de temps ?

– Je ne marche presque plus. Un des avantages d’habiter Paris, c’est que je peux utiliser les transports en commun et les Vélib’ très facilement. Sauf que pédaler avec mon ventre énorme, ou même marcher jusqu’au métro le plus proche, c’est tout simplement impensable pour moi en ce moment. Sans compter que ma sage-femme me l’a déconseillé… En ce moment, la voiture et le taxi sont devenus mes meilleurs amis pour éviter de rester enfermée chez moi en permanence. Eviter de prendre la voiture pour de courts trajets, privilégier les transports en commun, c’est très bien, très bio. Mais comment faire quand on est à mobilité réduite ?

– Je lorgne l’air conditionné de mon voisin. « Jamais ! », me suis-je toujours dit, « jamais je n’utiliserai l’air conditionné. » Sauf que lorsque la chaleur s’abat sur moi avec une telle force que j’ai du mal à soulever mon verre d’eau pour me rafraichir, je me surprends à rêver d’une pièce conditionnée à 23 degrés ! Je me surprends à planifier des sorties au cinéma juste pour profiter de la fraicheur de la salle. Je me surprends à allumer l’air conditionné dans la voiture presque avant même de la démarrer. Eviter l’air conditionné, c’est très bien, très bio. Mais comment faire quand on est médicalement fragilisé ?

Plein de questions, et peu de réponses.. D’ailleurs ma conscience me travaille et j’attends avec impatience le moment où je pourrai à nouveau reprendre mes activités normales. Mais je sais que je le ferai avec encore plus d’humilité, et la certitude renouvelée que chacun fait comme il peut, avec ce qu’il peut. Et que personne n’est parfait.

2 commentaires à “Un peu d’humilité dans l’écologiquement correct”

  1. […] Culpabilité. Comment puis-je vraiment me dire écolo si je fais autant d’enfants (et que peut-être j’en aimerais un quatrième plus tard ?). Surtout après ce que j’écrivais l’autre jour… […]

  2. Amical petit dessin sur mon blog par solidarité avec ce que tu as écrit.
    Depuis tu dois avoir ton bout d’chou alors je ne sais pas si tu as le temps de consulter le blog,
    Caresse à lui et à toute la petite famille

    Clics de Vie

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