Peut-on encore faire des enfants et se dire écolo ?

« Je sens un décalage croissant entre les valeurs qui m’ont été inculquées et ce qu’il faudrait que je fasse (et que nous fassions tous) pour que la race humaine ait un avenir sur cette planète. »

C’est Tristan Nitot qui nous le dit. Et je suis d’accord avec lui.

En même temps, je me sens assez mal à l’aise avec l’argument qu’il défend selon lequel ce serait écologique de faire moins d’enfants. Yves Cochet avait aussi soulevé ce problème il y a quelques temps.

Je suis enceinte de mon troisième enfant. Forcément, ce genre d’argument m’atteint de plein fouet. Et je me sens remplie d’une foule de sentiments contradictoires :

Culpabilité.
Comment puis-je vraiment me dire écolo si je fais autant d’enfants (et que peut-être j’en aimerais un quatrième plus tard ?).

Rébellion.
Rien que pour ça, j’ai envie de dire que c’est bien de faire des enfants et d’en faire une ribambelle d’autres ! C’est quand même pas à d’autres (et pire, à d’autres hommes !) de me dire quel usage faire de mon propre corps !

Tristesse.
Une politique de natalité à la chinoise ? Un monde sans enfants ? Un monde sans frères et soeurs ? Pas vraiment un monde dans lequel j’aimerais vivre…

Doute, surtout.
Et si on ne s’arrêtait pas là ? Et le suicide ? Et l’euthanasie à partir d’un certain âge ? Et le meutre ? Tous très écolos non ?
C’est provocateur bien sûr, mais j’ai froid dans le dos rien qu’à l’écrire…

Alors oui, informons les gens sur le coût écologique d’un enfant, arrêtons de privilégier les grandes familles avec les allocations familiales, donnons à ceux et celles qui le souhaitent le moyen de ne pas avoir d’enfants quand ils n’en souhaitent pas. Mais décourager les gens d’avoir des enfants, voir leur interdire, cela me semble pas seulement aller contre nos valeurs, mais contre notre nature.


| | | | |

8 commentaires à “Peut-on encore faire des enfants et se dire écolo ?”

  1. Vaste sujet qui m’a titillé il y a plus de 20 ans alors que
    l’écologie n’était pas encore un fourre-tout récupéré par
    des tas de gens qui veulent vendre leurs salades .
    Quoi qu’il en soit , je trouve encourageant que des gens
    se pose la question , et en parlent sur la toile !
    Mais attention , sujet à prendre avec des pincettes !
    En effet il touche à , la religion , la liberté individuelle , la
    consommation , l’instinct maternelle ,le culturel ,
    le patrimonial …etc .
    N’étant qu’un piètre rédacteur je vous laisse .

  2. Je me considérais jusqu’à présent comme une personne non pas « écolo » comme dans l’imaginaire de beaucoup, mais au moins responsable vis à vis de la Nature et de l’Environnement.
    J’ai toujours connu mes parents « manger bio », cultiver « bio », et travailler dans ce sens. Bref le genre de gens dont on dit d’eux : « ce sont des écolos ».

    Je ne savais pas que le nombre d’enfant influençait le caractère écologique des gens. Mes parents ont 10 enfants, (et je suis fier de compter parmi ceux-la :-) ) et si seulement la moitié de la population était aussi respectueuse de la Nature qu’eux, le planète se porterait tellement mieux !

    Je ne pense qu’il n’a pas de culpabilité à avoir de ce coté la ! On ne peut pas mettre la vie, les enfants sur le même niveau. Limiter les déchets polluants et diminuer le nombre d’enfants ? Le décalage ne tient pas la route !

    Alors félicitation pour le nouveau bébé :-)

  3. Bonjour,
    les préoccupations dont vous parlez sont fondamentales et votre article a le courage de poser les vraies bonnes questions :
    L’écologie est elle favorable à l’humanité ?
    Une petite recherche sur l’histoire de l’écologie permet de se rendre compte rapidement que non. C’est la conclusion à laquelle vous aboutissez.
    En fait, c’est difficile à croire mais l’origine de l’écologie telle qu’elle nous est assénée à longueur de journée par les médias est l’eugénisme.
    Pourquoi l’écologie de la décroissance, cet avatar du nazisme et de la Royal Eugenics Society, a-t-elle atterri dans le programme de partis de gauche ? C’est une question encore ouverte. C’est une histoire à écrire.

  4. Pour ma part, je n’arrive pas à avoir des enfants (je ne suis pas seul, rassurez-vous) mais cette argument me réconforte (un peu). Je suis un VRAI écolo

  5. Je ne dirais pas que d’avoir des enfants c’est pas écologique. Par contre, j’aime à le dire (mais sans le penser réellement), chaque être humain supplémentaire sur cette planète la détruit d’avantage. C’est une réalité.
    Mais si on éduque ces enfants dans le pensé écologique, il y a de l’espoir.
    L’écologie, c’est ne plus avoir de voiture, éviter le transport aérien, réduire sa consommation de viande voire la supprimer. Manger bio, farine complète, et saisonnier. Et j’en passe.
    Je suis quand même pessimiste sur l’avenir de notre descendance. La planète se détériore tellement vite. Actuellement l’espérance de vie diminue depuis vingt ans, (-1 ans et demi au Etat-Unis et -1 ans en Europe). C’est certain, nous vivrons moins longtemps que nos parents et nos enfants moins longtemps que nous…

  6. Comme je vous comprends! Ce genre de discours est assez récurrent, et certain(e)s ricanent gentiment devant mes efforts vers plus, toujours plus d’écologie et…. mes quatre enfants. J’y ai usé ma conscience mais suis convaincue – ou persuadée? – d’avoir fait le bon choix .
    D’une part, parce que je tente – vous avez raison, restons humbles – de leur inculquer mes petits et grands principes écologiques et surtout de les sensibiliser au monde et à ses dysfonctionnements pour qu’ils comprennent la nécessité d’un tel mode de vie. J’espère ainsi que l’impact de leur existence soit le plus discret possible. D’autres part – c’est le côté persuasion! – notre génération est vraisemblablement celle de la prise de conscience et des tâtonnements, tandis que la leur, à mon sens, sera celle des solutions et de la résolution. Et il faut des Hommes pour vivre ce changement! alors pourquoi pas mes enfants?
    Il n’est peut-être pas nécessaire d’encourager les gens à procréer mais il est certainement indispensable que ceux qui le font prennent toute la mesure de leurs responsabilités – et la société avec – pour éviter de produire de bêtes consommateurs et d’emballer la machine.
    Quand on trie ses déchets on évite de jeter le bébé avec l’eau du bain!
    (désolée, j’ai pas pu me retenir…)

  7. Je suis d’accord qu’il faut arrêter cette croissance démographique folle, c’est à mes yeux le seul véritable problème de la planète, la source de tous les autres (moins d’êtres humains, c’est plus de nourriture, plus de place, moins de pollution, moins de déchets, moins de maladies aussi car la population s’auto-régule de cette façon et les épidémies sont boostées par la promiscuité). Pour autant, je ne pense pas que nous devions brider notre désir d’enfants, en particulier si nous les éduquons « écolo » ils pourront agir plus efficacement que nous quand ils seront adultes. Pour ralentir (voire inverser) cette croissance, je pense que l’idéal et le plus efficace serait que chaque femme ait le nombre d’enfants qu’elle désire. La solution pour moi est là : diffuser les méthodes de contraception et offrir le choix d’arrêter de faire des enfants à toutes femmes qui ne peuvent pas le faire.

  8. c malin une société de nettoyage 100% écolo elle s’appelle nadaf service

Commentez ce billet